Georges-Patrick
      Gleize


                              


Entretien






Vous écrivez des romans dits « de Terroir »…

 

« Roman de terroir », c’est une  expression purement commerciale. Ce vocable a été inventé par les éditeurs, les diffuseurs et les libraires pour classer à part un style de littérature qui a un public supposé moins intellectuel. Cette idée est très réductrice et s’agrémente d’une connotation souvent mineure. Si écrire un roman qui se déroule dans une région donnée c’est faire un roman de terroir, Genevoix, Pagnol, Giono, Balzac… en ont écrit de superbes ! Pour ma part, en historien que je suis, je n’écris pas de romans de terroir, ni de romans historiques mais des romans d’histoire. Débarrassé de l’appareillage scientifique et universitaire, mes romans qui sont la reconstitution de faits réels à peine romancés, cherchent à plonger le lecteur dans une histoire vers laquelle il n’aurait pas été de lui-même. La véracité descriptive des situations, des lieux, des paysages, des gestes est mon souci constant. Mes romans sont en ce sens assez proches de l’ethnologie ou de l’ethnographie.   

 

Quelle est la part de l’imaginaire dans vos romans ?

 

Mes récits sont tous proches de la vérité ! Je trouve l’inspiration dans les histoires que les lecteurs me racontent eux-mêmes. Leur vie est souvent un roman. Il suffit de savoir les écouter. Mes héros ont tous une existence réelle. Ils sont simplement le syncrétisme, l’addition de plusieurs vies. Pour les paysages, je travaille avec des photos aériennes, un logiciel en 3D, des cartes postales d’époque. Et puis, l’imaginaire fait le reste…

 

Combien de temps mettez-vous pour écrire un roman ?

 

En moyenne une année : mon chantier débute en juillet par l’établissement d’une trame générale dont le développement structuré aboutit à la naissance d’un synopsis.   J’appelle cela  mon chapitral. C’est  un descriptif précis, chapitre par chapitre, de l’action et des personnages. En parallèle, j’accumule les matériaux et la documentation. En août, la rédaction peut commencer. Les premières pages sont fondamentales, leur écriture conditionne l’atmosphère et la tonalité d’ensemble. J’écris au rythme général d’une page par jour et d’environ un chapitre par mois. Ainsi,  au bout de 8 à 10 mois, j’ai selon les cas, un  manuscrit qui  fait entre 160 et 230 pages dactylographiées. J’effectue une relecture globale et je l’envoie à mon éditeur fin juin, juste avant le début des vacances.

 

Faites-vous beaucoup de corrections ?

 

J’écris chaque page presque d’une seule traite, comme les mots viennent. Ce premier acte se déroule toujours le matin de très bonne heure, à la fraîche. Je corrige le soir, en ajoutant quelques mots pour préciser une image ou une attitude mais uniquement pour compléter, approfondir. Structurellement, je reviens peu sur ce que j’ai écrit.

 

Comment avez-vous fait accepter votre premier roman chez un grand éditeur du premier coup ?

 

Beaucoup d’auteurs publient en utilisant le canal relationnel. Moi, je ne connaissais personne dans le monde de l’édition. L’écriture de mon premier roman achevé, j’ai fait vingt exemplaires de mon manuscrit que j’ai adressés aux grandes maisons françaises tout simplement par la poste ! Albin Michel m’a téléphoné  quelque temps plus tard…  

 





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